Cet article provient du site Décider & Entreprendre.
Dans la foulée d'une information exclusive de l'Argus de l'Assurance, la presse subventionnée colporte une fausse rumeur: le RSI disparaîtrait dans six mois. Voici quelques raisons sérieuses de ne pas y croire du tout.

L'Argus de l'Assurance a révélé le contenu d'une lettre d'Agnès Buzyn, ministre de la Santé, au Premier Ministre où elle explique son programme de réformes. L'article de l'Argus explique:
il sera adossé au régime général « dès le 1er janvier 2018 », toujours dans le cadre du PLFSS. Le document du ministère précise que la protection sociale des indépendants « continuera de faire l’objet, au sein du régime général, d’une gestion particulière prenant en compte les spécificités de cette population et associant leurs représentants ». La réforme devrait intervenir progressivement, car le document précise que « les implications organisationnelles se déploieront sur plusieurs années ».
Nous sommes donc très loin de la rumeur selon laquelle le RSI disparaîtrait dès le 1er janvier 2018.
Une disparition du RSI en sifflet
En réalité, le projet du gouvernement n'est certainement pas de supprimer le RSI dès le 1er janvier 2018, mais bien de déployer effectivement la disparition du RSI sur plusieurs années, dans un mouvement très progressif. Autrement dit, même si le RSI disparaît au 1er janvier 2018 en tant que marque, sa spécificité demeurera en terme systémiques (cotisations spécifiques, prestations spécifiques), et il continuera à disposer de bureaux spécifiques pendant plusieurs mois, voire plusieurs années.
Les administrateurs toujours aussi stupéfiants
Ces propositions plutôt minimalistes par rapport à ce qu'Emmanuel Macron aurait pu mettre en oeuvre ont pourtant suscité la stupéfiante réaction des administrateurs de ce régime débile. Ainsi, le conseil d'administration se plaint de ne pas avoir été concerté sur la disparition du régime. Car, c'est bien connu, en démocratie, il y a quelque chose de plus fort que le peuple souverain, c'est l'administrateur du RSI ordinairement désigné, comme dans la boulangerie, par une organisations de magouilleurs qui se sert sur le dos de ses petits adhérents.
On s'étonne qu'Emmanuel Macron n'ait pas demandé aux administrateurs du RSI de corriger son programme électoral. Il n'aurait pas été déçu du voyage: nous parions sur le fait que les administrateurs désignés pour gérer le régime et non pour l'inventer, auraient voté contre tout changement, à l'unanimité.
À quelque chose, malheur est bon. Le RSI qui, depuis dix ans, impose unilatéralement à ses adhérents des redressements scandaleux apprend à ses dépens combien le principe d'autorité est désagréable à supporter.